Le saviez-vous ?

(Informations diverses)


Dans la pensée européenne apparaît lentement la notion que l'éthique ne

concerne pas seulement l'humanité mais aussi bien la créature animale.

    Albert Schweitzer, in Anthology, 1947


Inimaginable

   "Afin d'identifier les animaux pris lors de la capture, chaque animal sera marqué, pour

les carnivores, par la mutilation d'un ou de plusieurs doigts. Cette méthode permettra ainsi

d'attribuer un numéro à chaque animal."

   C'est ce qu'on peut lire dans un protocole établi par une Fédération de chasse pour le

comptage des populations de belettes, martres, et putois.

   Serge Boutinot, administrateur de la LFDA et vice-président du ROC, a vigoureusement

protesté (...) : "Le procédé est scandaleux sur le plan éthique et pénal... bafouant toute notion

de respect de la vie."

   Dans quelle cervelle a donc bien pu germer l'idée de telles mutilations ? D'une part, il suffit

de consulter le Code pénal* pour y lire que de tels sévices constituent un délit, passible des

plus lourdes peines. Et d'autre part, comment peut-on afficher autant de mépris envers l'ani-

mal ? (...)

* Code pénal, article 511-1 : "Le fait, sans nécessité, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves ou

de commettre un acte de cruauté envers un animal...tenu en captivité, est puni de six mois d'emprisonnement

et de 50.000, 00F d'amende."

***

Paille et poutre

   On a pu lire dans le Bulletin 18 * l'histoire de la chèvre précipitée du haut d'un clocher lors

de la fête d'un village du nord de l'Espagne, et pour une fois miraculeusement rescapée. Les

associations espagnoles nous disent avoir beaucoup à faire pour que soient interdits bien d'au-

tres divertissements populaires du même genre, tels ceux qui consistent à arracher la tête d'un

coq, d'un lapin, ou d'un canard, accrochés par les pattes en hauteur.

   La France n'a pas de leçon à donner en ce domaine : élevage intensif gigantesque, chasse-

massacre, et expérimentation encore pléthorique, nous placent largement en tête du peloton

européen. (...)

* de la LFDA

***

Un aveu à ne pas oublier

   (...) Présentation au Conseil de la République du texte de loi déchargeant la corrida des

peines applicables aux mauvais traitements et aux actes de cruauté (...) : "Nous n'allons pas,

naturellement [sic], débattre ici de la légitimité de ces courses. Nous n'allons pas engager un

débat sur la moralité ou l'immoralité des courses de taureaux. Je dirai qu'il y a pour nous,

dans les régions méridionales, un intérêt essentiel à ce que les courses puissent se pratiquer

normalement [resic]. Cela présente pour nos villes du Midi des ressources considérables,

non seulement pendant l'été, en août, mais dès le mois de mai. Nous avons intérêt à retenir

les touristes en France et même à faire que les touristes espagnols viennent chez nous, plutôt

que de voir ces touristes partir en Espagne et, intéressés par les courses, y passer en défini-

tive leurs vacances." Le Conseil ayant donné son accord, la loi a été adoptée par la Chambre

des députés le 24 avril 1951.

   (...) Nous devons la formule "L'argent n'a pas d'odeur" à l'empereur Vespasien, qui jus-

tifiait ainsi la vente des urines collectées dans Rome. L'argent de la corrida a l'odeur du sang.

Je lui préfère celle de l'ammoniaque.

                            Professeur J.C. Nouët

 © Bulletin d'informations de la Ligue Française des Droits de l'Animal n°19, Juin 1997

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