L'aventure surréaliste



" Nouveau ", collage de Frédéric Vignale

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   En mars 1919, trois jeunes poètes, André Breton, Louis Aragon et Philippe

Soupault lancent une nouvelle revue " Littérature "  dans laquelle paraît le pre-

mier texte surréaliste: " Les Champs magnétiques ".

   Ces jeunes gens ont en commun le culte d'Apollinaire et sont pénétrés de

" l'esprit nouveau " . Ils ont participé à la rédaction de " Sic " et " Nord-Sud ",

revues novatrices par l'originalité de la typographie et l'importance qu'elles

accordent aux arts plastiques.

   Les valeurs traditionnelles de l'art  et  de la littérature se trouvent brus-

quement contestées par ces jeunes artistes en quête d'autre chose...

   André Breton ,qui admire l'humour nihiliste de Jacques Vaché, est en relations

épistolaires avec Tristan Tzara qui apparaît très vite comme le chef de file d'un

mouvement  littéraire nouveau , nommé par dérision " Dadaïsme " , mouvement

en révolte ouverte contre l'hypocrisie de toutes les valeurs qui ont conduit aux mas-

sacres de 1914 - 1918 .

  Une révolte similaire anime au même moment à New- York deux jeunes peintres :

Francis Picabia et Marcel Duchamp , qui remettent en cause les principes tradition-

nels de la peinture et de la sculpture...Ils se rallient au Dadaïsme.

   A la fin de la guerre tous se retrouvent à Paris.En 1920 arrive Tristan Tzara,

accueilli dans l'enthousiasme : rencontre " explosive " ...

   Paris devient le centre d'un mouvement de contestation sans précédent : durant

deux années, scandales, manifestes, provocations se succèdent...Y participent les

peintres et sculpteurs dadaïstes, dont Hans Arp et l'artiste américain Man Ray, dé-

jà connu pour ses photographies; aux trois fondateurs de " Littérature "  se joignent

très vite les poètes Paul Eluard, Benjamin Péret et Robert Desnos.

   Tout ce groupe d'artistes cherche à tourner en dérision les valeurs traditionnelles

sur lesquelles repose la société, art y compris.

   Très vite toutefois ce nihilisme à tous crins ne satisfait pas pleinement les amis

d'André Breton qui conduisent une recherche plus constructive. Déjà, en 1919,

Breton et Soupault avaient rédigé conjointement " Les Champs magnétiques " sui-

vant le procédé de l'écriture automatique : cette méthode, utilisée par les psychiâtres

freudiens pour libérer le contenu de l'inconscient, avait été signalée à l'attention de

Breton alors qu'il effectuait ses études de médecine.

   On décide d'appliquer cette technique à l'écriture et on constate très vite que le

langage issu des profondeurs inconscientes de l'être est d'une richesse métaphorique

incomparable.

   D'autres modes d'accès à l'inconscient sont explorés : étude des rêves, des états

hypnotiques etc.

   L'enthousiasme que suscite la richesse des possibilités entrevues n'est pas partagé

par Tristan Tzara.Le désaccord aboutit à une rupture en 1922 ; le numéro 2 de

" Littérature "  contient cette injonction de Breton : " lâchez Dada ".

   La nouvelle orientation du groupe va très vite être définie : André Breton en est le

principal théoricien, avec Benjamin Péret, Philippe Soupault, ainsi que les peintres

Picabia et Max Ernst.Ce dernier immortalise le petit noyau des fondateurs dans son

célèbre tableau " AU RENDEZ-VOUS DES AMIS ".

   Quelles sont donc les grandes options autour desquelles se réunissent ces artistes ?

   Au coeur du mouvement la révolte - héritée du Dadaïsme - conserve une place pré-

pondérante: remise en question de la toute-puissance de la raison et de la logique

traditionnelle... que viennent du reste d'égratigner les contenus de l'enseignement

freudien et les théories d'Einstein ! On conteste aussi tous les tabous sociaux:

religieux, moraux,sexuels...ainsi que l'art qui en est le reflet.

   A la différence du Dadaïsme,toutefois, on mène une recherche constructive : il

s'agit de s'employer à faire émerger les forces comprimées ou occultées par la raison

et les tabous : imagination, intuition, désir...L'art devient une aventure intérieure

dont la finalité est la libération des capacités " poétiques " de l'être humain ( le terme

de "poésie " désignant ici l'ensemble des facultés opprimées ).

   Dans son " Manifeste du Surréalisme ", paru en 1924, Breton définit en ces termes

la démarche de son mouvement :

       " (...) automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer soit

verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la

pensée ( ... ) Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines

formes d'associations négligées jusqu'à lui..."

   Cette démarche s'appuie sur les expériences collectives menées par les peintres et

les poètes du mouvement, qui mettent en lumière le langage souterrain de l'inconscient.

L'analyse de ce " sous-texte "met en évidence son pouvoir libérateur : l'image qui,

selon la définition du poète Pierre Reverdy,permet " le rapprochement de deux réalités

plus ou moins éloignées ", réconcilie le conscient et l'inconscient. Imagination, désir,

goût du merveilleux peuvent être intégrés à la vie quotidienne : l'homme  réunifié est

enfin libre !

   Si le langage est le premier outil des Surréalistes, les autres arts n'en sont pas

moins conviés à l'exploration des secrets de l'Esprit : les méthodes restent à mettre en

place...

   Le " Manifeste du Surréalisme " expose les valeurs fondamentales du mouvement.

Elles feront l'objet d'approfondissements ultérieurs : on pourra  mettre l'accent sur

l'une ou l'autre selon les nécessités de l'heure...mais André Breton veillera toujours

à leur maintien absolu, quel qu'en soit le prix à payer ( exclusions etc. ).Il représente

en quelque sorte le" pilier " de ce mouvement et l'évolution des groupes successifs

qui gravitent autour de lui se confond avec celle du Surréalisme.

   De 1924 à 1929, le groupe initial ( sans Picabia qui prend ses distances  à la publi-

cation du " Manifeste " ) s'élargit grâce à de multiples adhésions.La rencontre en

1924 entre Breton et le peintre André Masson amène la participation d'écrivains tels

que Michel Leiris et Antonin Artaud, et, peu après, celle de Joan Miro ( ce dernier

présentera Salvador Dali à Breton en 1928 ).Yves Tanguy, peintre également, rejoint

le groupe après sa rencontre avec Robert Desnos.Quant à René Magritte il adhérera au

groupe de 1927 à 1930, lors de son séjour à Paris.

   Deux autres peintres, en relation avec le groupe, seront considérés comme des

"initiateurs" : Pablo Picasso qui " chasse dans les environs " ( selon l'expression de

André Breton ), et Giorgio de Chirico, dont les toiles empreintes d'onirisme ont

inspiré Max Ernst et profondément marqué Yves Tanguy et René Magritte.

   Ce groupe aux personnalités fortes et diverses doit sa cohésion à son adhésion

sans restriction aux principes de base du Surréalisme mais aussi à la discipline de

groupe instaurée par André  Breton... discipline peu appréciée par certains!

   Un " Bureau de recherches surréalistes "  est ouvert pour recueillir les récits et

témoignages du public : rêves, coïncidences etc. La revue " Littérature "  fait place à

" La Révolution Surréaliste ", dans laquelle on relate les expériences collectives du

groupe : on y trouve des réflexions sur l'amour, l'humour, des enquêtes aussi ( ain-

si :" Le suicide est-il une solution ? " ). Les lecteurs sont invités à dépasser nombre

d'interdits.

  Plus que jamais les membres du groupe pratiquent l'écriture automatique, l'analyse

des rêves, le langage parlé sous hypnose.Les " jeux "collectifs occupent également

une place importante : le " cadavre exquis "  par exemple ( composition sur papier

plié d'une phrase ou d'un dessin par plusieurs participants qui ignorent ce que les

autres ont inscrit ).

   Eluard évoque ces séances dans " Donner à voir " ( 1939 ) :

       " ( ... ) C'était à qui trouverait plus de charme, plus d'unité, plus d'audace

         à cette poésie déterminée collectivement ( ... ).

         Nous jouions avec les images et il n'y avait pas de perdants.Chacun voulait

         que son voisin gagnât et toujours davantage pour tout donner à son voisin..."

   Moments de fête, de partage qui ont lieu tantôt au domicile de l'un tantôt à celui

de l'autre: rue Fontaine, chez Breton; à l'atelier de la Cité des Fusains, où habitent

Ernst, Eluard, Hans Arp et Miro...A partir de 1925, après l'adhésion au mouvement

de Jacques Prévert et Raymond Queneau, des soirées inoubliables auront lieu chez

Marcel Duhamel, rue du Château.

   Quelques scandales ponctuent cette période : un des plus remarquables se produit

lors du dîner donné en 1925 en l'honneur du poète Saint-Pol-Roux, que les Surréalis-

tes considèrent comme un précurseur de génie.

   Les pérégrinations dans Paris représentent aussi des occasions d'échanges, notam-

 ment sur la notion de "hasard objectif", lieu de rencontre entre les désirs ( conscients

ou non ) et la réalité du quotidien.

   Le groupe partage aussi l'amour du cinéma ; leurs fréquentations des salles est

tout à fait singulière : ils entrent, sortent, sans s'occuper de l'intrigue, mais

ramènent une provision d'images qui enrichit leur création.Le cinéma leur paraît

particulièrement apte à transcrire rêves et désirs; ils écrivent des scénarios, font pa-

raître des articles critiques. Man Ray réalise le film " Etoile de mer " ( scénario de

Desnos ),  mais les films de Luis Bunuel ( " Un chien andalou ", " L'âge d'or " )

sont presque les seuls témoignages de ce qu'auraient pu être les réalisations sur-

réalistes.

   En 1925, on pose le problème : la peinture surréaliste est-elle possible ? La

réponse va bien sûr venir des peintres eux-mêmes.Cette même année, Max Ernst

découvre un procédé qui est une sorte de transposition en peinture de l'écriture

automatique : le frottage.Il développe également la technique du collage qui, faisant

coexister à l'intérieur d'une même toile des éléments étrangers les uns aux autres,

suscite des rapprochements inattendus, analogues aux métaphores poétiques.

   André Masson et Miro, avec leur technique de projection de colle ( ou d'autres

matériaux ) inventent des procédés originaux.

   Tanguy, Arp, Ray, Magritte, chacun, à sa manière, participe à l'élaboration de la

peinture surréaliste.

   Dans son ouvrage critique " Le Surréalisme et la Peinture " ( 1928 ), André Breton

donne en exemple ces pionniers et précise que le peintre doit avant tout choisir " un

modèle purement intérieur ".

   La méthode " paranoïaque - critique " de Dali - culture de ses fantasmes - confirme

avec éloquence l'existence d'une peinture surréaliste.

   C'est une période extrêmement féconde pour tous les arts... pour ne citer que quel-

ques productions littéraires: "Le Paysan de Paris " ( Aragon, 1926 ); " Nadja "

( Breton, 1928 ); " La liberté ou l'amour " ( Desnos, 1927 ); " Capitale de la Douleur "

," L'amour la poésie " ( Eluard, successivement : 1926 et 1929 ).

   Les écrivains préfacent les catalogues de nombreuses expositions qui témoignent de

la vitalité des arts plastiques. Une exposition collective a lieu dès 1925 : " Le Carnaval

d'Arlequin " ( Miro, 1924 ), " Les Quatre Eléments " ( Masson, 1923 ) et " La femme

100 têtes " ( Ernst, 1927 )...quelques titres parmi beaucoup d'autres.

   Si Paris est le foyer du Surréalisme, d'autres groupes se constituent : en Yougos-

lavie, en Belgique, en Suède...et même au Japon ! C'est le début d'une internationali-

sation du mouvement ( qui ne fera que s'accroître car il est en pleine expansion ).

   Les préoccupations politiques, cependant, vont peu à peu créer des dissensions au

sein du groupe : les Surréalistes sont attirés par la transformation sociale que propose

le Marxisme; la dialectique leur semble par ailleurs une méthode appropriée pour dépas-

ser les contradictions ( rappelons - nous que ceci est une des finalités du mouvement

surréaliste : réunifier l'homme, le réconcilier avec lui-même ).

   Un dialogue s'instaure avec les Communistes.Aragon, Breton, Péret,Eluard adhèrent

au parti.Breton n'y reste pas : l'embrigadement intellectuel lui semble aussi incompatible

avec le Surréalisme qu'un désintérêt pour toute mutation de société ... exercice

difficile que cette tentative d'harmonisation entre des polarités contraires, et qui entraîne

des ruptures douloureuses au sein du groupe : Artaud, Soupault, puis Masson et Desnos

sont ainsi exclus.

   " Le Second Manifeste du Surréalisme " qui paraît dans la revue fin 1929 est une

sévère mise au point : refus des compromissions commerciales, de la soumission de

l'art à un parti... Ce texte donne aussi une définition plus approfondie de la mission du

Surréalisme : celle-ci consiste à débusquer " un certain point de l'esprit " d'où toutes

les contradictions seraient résolues.Les moyens proposés sont l'utilisation de la

dialectique et la confrontation du Surréalisme avec l'ésotérisme.

   La nouvelle revue " Le Surréalisme au service de la Révolution "  rappelle que l'art

authentique est révolutionnaire par essence : l'artiste, en effet, qui cherche à libérer

son inconscient libère celui des autres et la transformation du langage tôt ou tard entraî-

nera une mutation dans les structures de la société.

   Ces convictions, affirmées avec beaucoup de force, orientent les recherches du

mouvement pendant les dix années qui vont suivre ( Jusqu'en 1939 ).

   Un nouveau groupe se forme autour d'André Breton et de ses fidèles : René char,

Julien Gracq, Tristan Tzara - qui se rapproche maintenant des Surréalistes-,l'Anglaise

Leonora Carrington ... Bunuel et Dali sont entrés récemment dans le cercle . Les

adhésions les plus nombreuses viennent des peintres et sculpteurs étrangers attirés par

le rayonnement du Paris de cette époque : Giacometti et Kurt Seligmann,

Victor Brauner, Wolfgang Paalen, Jacques Herold ( Europe ). Viennent des Canaries

Oscar Dominguez, du Chili Roberto Matta, de Cuba Wilfredo Lam (qui enthousisame

Picasso ); l'Américaine Kay Sage, peintre et poète, rejoint aussi le groupe ( elle devien-

dra l'épouse du peintre Tanguy ).

   Tous ces artistes vont accomplir un travail considérable.En peinture,on utilise la

technique de l'automatisme ( Ernst, Masson...).Dominguez invente la " décalcomanie

sans objet préconçu " et crée des paysages fantastiques. Paalen interprète les traces

laissées sur une surface par la flamme d'une bougie : c'est le " fumage ". Victor

Brauner se penche sur les métamorphoses de l'être; ses toiles expriment ses pressen-

timents : ainsi exécute-t-il en 1931un " Autoportrait " qui préfigure l'accident qui le

défigurera en 1938 .

   L'unité d'esprit entre poètes et peintres est réaffirmée : Victor Brauner parle de

" picto-poésie ".

   La revue" Minotaure " lancée en 1933 par Albert Skira devient l'organe officiel du

Surréalisme : l'accent y est mis sur la recherche de l'insolite dans la démarche artistique.

De nombreux objets surréalistes ( liés au concept de désir, fruits des rêves, des fantas-

mes...) voient le jour et on crée des poèmes-objets. Une exposition collective de 1936

rassemblera les fruits de ces travaux.

   Ernst poursuit ses romans -collages et Giacometti crée des sculptures-objets comme

" L'objet invisible ". Parmi les oeuvres littéraires citons : " Les Vases communicants "

" L'Amour Fou " ( Breton, successivement : 1932 et 1937 ), " La Vie Immédiate " et

" Les Yeux fertiles " ( Eluard, 1932 et 1936 ); de René Char paraît en 1934 " Le Mar-

teau sans Maître " .

   On pratique l'écriture collective, ainsi " Ralentir Travaux " ( de Breton, Char et

Eluard, 1930 ).

   A l'étranger, l'audience du Surréalisme s'accroît de plus en plus : de 1935 à 1938

Breton et Eluard y contribuent grandement, multipliant les conférences et veillant à

maintenir la même ligne directrice dans les différents pays. En 1935 une Exposition

Internationale a lieu à Prague et une autre à Tokyo en 1937.

   A l'Exposition Internationale de Paris, en 1938, 14 pays sont représentés.Comme

pour chacune des expositions, c'est le résultat d'un travail collectif. Cette année-là,

l'atmosphère créée exprime l'angoisse des artistes qui pressentent le terrible cataclys-

me . ( Ils n'ont du reste cessé de se mobiliser  durant les dix années  précédentes 

- tracts,revues, articles, manifestations - pour tenter d'enrayer la montée du fascisme.)

   Des divergences sur les actions à mener entraînent de nouvelles ruptures : Aragon

est exclu en 1932 et, peu avant la guerre, Eluard prend ses distances avec le groupe.

Le manifeste  rédigé par Trotsky et Breton - chargé de mission au Mexique en 1938 -

révèle bien la position du Surréalisme; il se termine ainsi :

       " Ce que nous voulons :

         l'indépendance de l'art  - pour la révolution.

         La révolution - pour la libération définitive de l'art. "

   La seconde guerre mondiale disperse les Surréalistes. Contraints de s'exiler, cer-

tains se retrouvent à New-York en 1941. Un groupe se reconstitue autour d'André

Breton : Tanguy, Kay Sage, Matta, Carrington, Ernst, Duchamp, Masson et Man Ray.

   Un des premiers effets de cette "implantation" est la diffusion du Surréalisme aux

Etats-Unis, à la Martinique, après la rencontre de Césaire et Breton, et en Amérique

Latine.C'est sur le sol américain que les positions surréalistes vont converger en une

vaste synthèse. La revue " V V V ", fondée en 1942, accorde une place aux recherches

les plus récentes, surréalistes bien sûr, mais aussi sociologiques, ethnologiques etc.

   La rencontre de Breton avec Elisa, inspiratrice de " Arcane 17 " ( 1947 ), sa décou-

verte de l'art indien, tout cela - et bien d'autres éléments - va contribuer à la tentative

d' élaboration d'une mythologie . Dans les " Prolégomènes à un troisième manifeste ou

non ", que publie la revue en 1942, Breton entrevoit une synthèse des grands archétypes

de l'humanité , qui constituerait un mythe collectif  puissant et libérateur.

   De la fin de la guerre à sa mort, en 1966, Breton se consacrera à ce vaste projet .

L'approfondissement des intuitions du Surréalisme, la recherche de"ses" manifestations

dans les oeuvres du passé ( celles qui ont échappé à l'emprise du rationalisme

gréco-romain ), les diverses prises de position contre toutes tentatives d'oppression :

autant de"matériaux" utilisables pour l'élaboration du Mythe .

   En 1947 l'Exposition Internationale de Paris est conçue comme un cycle d'épreuves

rituelles. Un groupe de liaison  - " Cause "" - est créé pour recueillir les éléments du

Mythe à travers le monde.

 L'orientation vers l'ésotérisme, également, s'affirme de plus en plus  ( enseignement

de René Alleau ). Par ailleurs , les Surréalistes découvrent l'art gaulois et les légendes

celtiques avec lesquels ils se sentent en  affinité.

  Les thèmes des différentes expositions mettent bien en évidence ces divers centres

d'intérêts . En 1959, la thématique Eros  insiste sur la place privilégiée de la femme,

perçue comme une sorte de médium entre le réel et le surréel...( trois ans plus tôt,

Benjamin Péret avait publié : " Anthologie de l'Amour Sublime " .)

   La XI ème Exposition Internationale de 1965, à Paris, est un hommage rendu au

philosophe visionnaire Charles Fourier.Sur le thème de" L'Ecart Absolu " , elle prône

le maintien de l'esprit de révolte, seul capable de conquérir la liberté ( les Surréalistes

ont toujours pris position contre tous les absolutismes et forces de réaction , quels qu'ils

soient ).

   La mort d'André Breton en 1966 met fin à l'aventure surréaliste...peut-être pas

à ce rêve de  grand Mythe  libérateur auquel il avait consacré ses dernières forces,

somme toute assez seul, très calomnié, tellement honnête cependant - comme peu - dans

l'absolu de sa Quête.

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                                   .Silvaine Arabo  et M. Petit

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Références bibliographiques :

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- "Littérature française" : le XXème siècle ( II ), de Germaine Brée

  ( Edit. Arthaud ).

- "L'Art Surréaliste"  de Sarane Alexandrian ( Edit. Fernand Hazan )

-" Le Surréalisme "  de G. Durozoi et B. Lecherbonnier ( Edit.Larousse )

-" Histoire de l'Art"  de Hervé Loilier ( Ellipses )

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